Les mémoires de Michel Boudoux

En cette période de confinement où je laisse parfois filer le temps, je me suis néanmoins remis au travail sur un projet collaboratif que j’ai déjà évoqué, l’écriture des mémoires du bottier Michel Boudoux. Pour vous expliquer le pourquoi du comment de ce projet, il me faut remonter plus de dix ans en arrière, en 2008.

En juin de cette année là, l’AMA (Atelier Maurice Arnoult) avait organisé aux Ateliers de Paris une exposition pour fêter le centenaire de Maurice Arnoult, le dernier des bottiers de Belleville. J’avais connu Maurice par l’intermédiaire de quelques-unes de ces anciennes élèves qui avaient créé leur marque de chaussures. A l’époque, je tenais un blog consacré à cet accessoire, m’intéressant autant à l’histoire de la chaussure, à l’évolution des formes, aux bottiers ayant marqués cette histoire qu’aux nouveaux créateurs, aux tendances… bref je baignais dans la godasse et j’avais adhéré à l’AMA. 

 

Dans cette exposition - « Sur les pas de Maurice Arnoult, bottier à Belleville : 100 ans d’une histoire de la chaussure revisitée par ses élèves » -, nous avions aussi exposé des pieds de souliers dont la semelle intérieure était estampillée « Michel - Création fait main - Boutique 12 avenue Montaigne, Paris » que Maurice conservait dans son atelier. Je n’ai pas souvenir qu’un cartel expliquait le lien entre Maurice Arnoult et Michel Boudoux. Et Michel lui-même se souvient d’avoir été surpris, en visitant l’exposition, de voir des pieds de ses modèles exposés sans que personne n’est songé à le contacter pour lui en parler. Passée la surprise, les retrouvailles avec Maurice furent chaleureuses. Les deux hommes, qui avaient collaborés pendant plus de quinze ans, ne s’étaient plus revus depuis le début des années 90 quand Michel prit sa retraite de bottier de luxe.

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Privilégier l'économie locale et les circuits courts

Je n'ai pas attendu cette crise sanitaire, le confinement qu'elle impose et l'annulation des marchés haut-alpins pour consommer local. Ça faisait un moment que je voulais vous parler de magasins gapençais qui me sont chers, comme l'épicerie Samarcande ci-contre, et on dirait bien que le temps est venu parce que c'est maintenant qu'ils ont besoin de nous. J'ai répertorié quelques liens de maraichers et producteurs locaux qui prennent commandes et livrent ou bien proposent les produits à la ferme. Vous les trouverez plus loin dans l'article.

 

Samarcande est mon épicerie de référence depuis que je me suis installée à Gap. Reprise par Anne et Catherine, elle est située, depuis novembre 2019, rue de France. Je m'y approvisionne en farine, sucre, épices, thés, oléagineux, légumineuses... il y a aussi les huiles, les vinaigres, les olives, les fruits confits, les fruits secs, tout ce qu'il faut pour la pâtisserie et aussi leurs pâtisseries orientales, des produits asiatiques, orientaux, des produits d'entretiens, de magnifiques assiettes et plats à tajine... Bref, une très belle et indispensable épicerie ! Et depuis aujourd'hui, vous pourrez aussi y trouver le pain du GAEC Le pain paysan. 

 

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Chronique en vrac #28 : le piège de l'hypocondrie

Comment allez-vous ? Vraiment ? Je lisais ce matin au petit-déjeuner sur l'excellent compte instagram de Marie Robert qu'on ne s'était jamais autant posé la question. Après, j'ai lu d'autres choses qui m'ont énervées et je vais m'abstenir de me connecter aux réseaux sociaux le matin. Certaines ont viré leur compte Twitter de leur téléphone, voire l'ont carrément supprimé. C'est sain. C'est vital. 

 

Contrairement à ce que j'écrivais il y a trois jours, sur ce temps que j'allais mettre à profit pour faire toutes ces choses que je repousse constamment à "quand j'aurais le temps." Je n'y arrive pas. Du temps j'en ai, même si je continue à travailler à distance. Mais je n'y arrive pas. L'anxiété est revenue. La peur latente de savoir si oui ou non des symptômes vont apparaître, si je suis infectée ou mon Capitaine, sa fille, quelqu'un dans ma famille, chez mes ami.es. Mes douleurs à la poitrine sont toujours là. J'ai beau me dire que ce sont des douleurs intercostales, que j'ai plus de 50 ans et que cela arrive sans que ce soit forcement grave sinon gênant. Elles nourrissent l'angoisse. 

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Chronique en vrac #27 : l'amour au temps du Coronavirus

Je suis une privilégiée. Je le sais. Je vis dans une maison avec un jardin où s'épanouissent les fleurs de printemps, où les oiseaux chantent toute la journée, d'où j'aperçois les montagnes. Nous sommes trois à à la maison et c'est plus facile que d'être seul.e.

 

Depuis l'annonce des mesures de confinement, le discours présidentiel scandant que "nous sommes en guerre", les images des citadins dans les parcs et sur des quais, s'agglutinant devant des supermarchés et dévalisant les stocks de pâtes et PQ, se ruant dans les gares pour fuir les villes... j'ai été atterrée, en colère. J'ai jugé. Mais n'aurais-je pas aussi été tentée de fuir ? Saisie par la peur. Et si l'ennemi n'était pas tant ce virus que nous même ? Notre individualisme et notre peur d'être atteint, de mourir, qui nous fait oublier que l'on peut mettre en danger la vie des autres...

 

Quand j'ai senti revenir mes crises d'angoisse et de panique, j'ai commencé à méditer tous les jours. Hier en fin d'après-midi, j'ai suivi avec des milliers d'autres personnes la séance de méditation en live sur le compte Instagram de Lili Barbery et c'était un moment incroyable de connexion avec soi-même et avec les autres. Le salut est là. Dans le partage, dans ces instants que l'on s'accorde pour être à l'écoute de soi, à accueillir tout ce qui se présente, sans juger. A faire la paix. L'amour est une source d'énergie et de force incroyable. 

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Chronique en vrac #26 : laisser faire le temps...

Pour comprendre l'abandon des publications pendant si longtemps, mes deux dernières chroniques en vrac (#24 et #25) en donnent la raison. Un deuil, la vente de maisons familiales, les objets, le mobilier, tout ce qui constituait un décor familier et aimé, dispersé aux enchères (à part quelques meubles et objets conservés). Tant que l'on est dans l'action de liquider, on tient le choc.

Et puis en janvier, j'ai eu de violentes crises d'angoisse et de panique. Contrecoup d'un surmenage a dit le médecin, des chocs émotionnels accumulés. Et depuis, cet état d'anxiété va et vient avec plus ou moins de douleurs qu'alimentent des peurs et des angoisses. Et comme c'est la première fois que cela m'arrive, je me sens un peu démunie. Alors j'ai commencé à mettre en place des routines, la première étant de méditer tous les jours pour me connecter à mon souffle, à ma respiration et trouver un peu de calme dans le tumulte physique. 

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Danse et émotions à la Passerelle en décembre

S'offrir des places de théâtre et noter dans son agenda ces rendez-vous avec des artistes, c'est quand même génial. A la présentation de saison en juin du Théâtre La Passerelle, j'avais comme d'habitude quasiment envie de tout voir. J'ai restreint le choix en prenant mon abonnement mais Les rois de la piste et Kiss & Cry faisaient partie des spectacles que je ne voulais pas manquer. Ce que j'en devinais et qui sera très certainement différent ne laissait pas de doute sur la curiosité et l'envie. 

 

Il est possible qu'il reste des places et en ce mois de décembre, de liste de cadeaux et de dépenses, l'idée me semble plutôt bonne de se faire plaisir en amoureux, entre ami.es ou en famille. Et même d'offrir des places pour les spectacles programmés en 2020

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Chronique du potager : saison 2019 #2 - Automne

Le mois de septembre a filé sans que je m'en rende compte (par contre les stats du blog en chute libre mettent en évidence mon absence sur ce blog...). J'ai accueilli l'arrivée de la saison d'automne avec allégresse tant l'été m'a - tout comme la nature - cramée. Enfin, au vu de mes récoltes au potager, la nature s'en est sortie mieux que moi et a été plutôt généreuse malgré la sécheresse et mes arrosages sporadiques. 

 

Par exemple, je n'aurais jamais imaginé récolter des carottes que j'ai semées pour la première fois cette année alors que la terre n'est pas forcement adaptée. Je n'ai aucune honte à avouer que j'étais tout en joie comme une gamine à dire merci merci à ces ombellifères. A part les plants de courgettes qui n'ont absolument rien donné, tout le reste a plutôt bien poussé. 

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La Société d'Etudes des Hautes-Alpes

Vous allez peut-être vous demander pourquoi après ces semaines de silence entrecoupées de chroniques en vrac très personnelles, je vous parle aujourd'hui de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes. La première raison, qui explique en partie la jachère de ce blog, est que j'y travaille depuis le mois d'avril. Je gère à mi-temps le secrétariat, l'administratif de l'association et un peu de communication quand même (le site internet et la page Facebook). 

Avant d'y travailler, j'en avais, comme beaucoup, une image un peu vieillotte. Certes, c'est une société savante, fondée en 1881, qui publie chaque année depuis sa fondation un bulletin, qui rassemble des travaux de chercheurs et contributeurs sur différents sujets historiques, scientifiques, littéraires ou personnalités historiques haut-alpines.

Je vous laisse imaginer la source d'informations concernant le département qu'ils recèlent. Sans compter les quelques 3000 ouvrages que contient sa bibliothèque, accessible aux chercheurs, chercheuses et passionné-es de l'histoire et du patrimoine.

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Chronique en vrac #25 : as tears go by

Deux mois sans publications... pas par manque de temps, on le trouve toujours quand c'est nécessaire, mais par manque d'envie. Je suis encore plongée dans cet art de perdre décrit dans ma précédente chronique. Le temps de la succession, est celui de la vente, à d'autres, des maisons de famille. Avec cette nostalgie qui vous envahit à l'heure de trier, de jeter, de mettre en carton, de regarder attentivement ce que l'on souhaite conserver, de graver en soi l'espace, la lumière, les odeurs. 

 

Ce premier vers du poème de Baudelaire, L'homme et la mer, je suppose, sans en être certaine, que c'est mon grand-père qui a souhaité le voir inscrit dans cette pièce de la villa de Wimereux. Je ne sais pas si la nouvelle propriétaire la conservera. Mais j'ai la chance qu'elle soit la mère d'une de mes meilleures amies, ce qui me permet de dire au revoir à cette maison aimée en sachant que la porte ne me sera jamais fermée. Il n'est pas dit néanmoins que je ne verse pas encore quelques larmes avant de rendre définitivement les clés.

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On sera bientôt Tous Dehors (Enfin) !

Dans une semaine, nous allons vivre au rythme des différents spectacles programmés dans le cadre de la 7ème édition du festival Tous Dehors (Enfin)! organisé par le théâtre La Passerelle. Et c'est une perspective réjouissante ! 

 

Tous les domaines du spectacle vivant nous seront proposés avec 17 spectacles et 71 représentations en un temps plus court que d'habitude. Si vous n'avez déjà le programme entre les mains, vous pouvez le télécharger. Ça va être dense et il ne sera certainement pas possible de tout voir mais qu'importe parce qu'il y a aussi un immense plaisir à partager entre festivaliers ce moment festif. Notamment sur l'espace investi par l'association Mobil'idées et son Festiv'idées, avec laquelle le festival Tous Dehors (Enfin)! poursuit sa complicité en faisant scène commune les vendredi et samedi soir avec l’accueil de Blues-O-Matic Expérience à La Pépinière et en co-accueillant Pédalo Cantabile. 

 

On nous promet des histoires de famille, de fanfares, de migrations, de paysages, de nature, d'équilibres, de dépassement des limites, d'illusions... la poésie du spectacle vivant sous toutes ses formes.

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Chronique en vrac #24 : de l'art de perdre

Un mois et demi sans publications, sans même l'envie de publier... je n'y arrivais tout simplement pas. Sauf d'écrire dans un cahier pour tenter de mettre de l'ordre et m'alléger de pensées récurrentes. En attente d'un coup de téléphone m'annonçant le décès d'un être cher. 

 

Le temps a filé et de temps il a été question. Parce que sa maladie rapide, brutale, m'a pris de court. Parce qu'il était soudain trop tard pour partager avec lui tout ce que j'aurais voulu partager encore. Pensant comme on le fait tous qu'on a le temps. Cet appel je l'attendais plus que je ne le redoutais parce qu'il fallait qu'il cesse de souffrir. Il est parti quelques heures avant l'incendie de Notre-Dame et je dois bien avouer que l'émotion collective ne m'a pas atteinte. C'est dans la Cathédrale d'Amiens, qui m'est bien plus familière, qu'on l'a accompagné pour un dernier au revoir. Il repose dans un joli cimetière, au pied d'un pin. J'avais d'abord pensé lire le poème d'Elisabeth Bishop, L'Art. J'ai finalement choisi celui de Simone Weil, Il restera de toi, qui lui convenait mieux. 

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Atelier transgénérationnel et auto-hypnose

Hypnothérapeute, Fatima Benfriha, Gap, Thérapie brève
Douce lumière dans le cabinet de Fatima Benfriha

Qui n’a jamais pensé confusément vivre des situations ou des évènements répétitifs, en famille, dans les relations amoureuses, avec des ami-es, au travail… ? Le constater sans savoir vraiment d’où cela vient et pourquoi alors même que l’on souhaiterait ne plus les reproduire. Si cela vous parle, Fatima Benfriha, praticienne en hypnose humaniste et thérapie symbolique avancée, vous propose un atelier transgénérationnel et auto-hypnose le week-end du 6 et 7 avril à Gap

 

Quelques explications s’imposent car j’en vois certain-es froncer les sourcils en lisant « auto-hypnose » ou s’interroger sur le terme « transgénérationnel ». Je ne vais pas vous mentir, avant que Fatima ne me parle de l’hypnose humaniste et me donne envie d’essayer, j’avais quelques réticences très cartésiennes à l’idée de perdre le contrôle, d’être à la merci d’un praticien, de ne rien maitriser... 

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Le 8 mars toute l'année

Franck Pourcel, photographie, photographe, Ulysse et les Constellations, Constellation des femmes
Photographie de Franck Pourcel, Constellation des femmes

J'ai eu la velléité le 8 mars de publier un article. J'ai manqué de temps ce jour là et surtout trop d'idées se bousculaient dans ma petite tête. A vrai dire cette Journée Internationale des Droits des femmes avait commencé la veille avec la conférence inversée sur les mères isolées et familles monoparentales organisée à Gap et que j'ai couvert pour l'hebdomadaire Alpes et Midi. 

 

Ces conférences inversées (il y en a eu 52 dans toute la France) ont donné la parole à des femmes pour qu'elles s'expriment sur les difficultés de leur quotidien de mères isolées et ce afin de faire émerger des propositions concrètes pour l'améliorer. Cette initiative de la Secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les hommes et les femmes et de la Lutte contre les discriminations part du principe (évident) que les solutions à trouver ne peuvent venir que de l'expression des besoins spécifiques de ces femmes. Je ne sais pas ce qu'il en ressortira dans le cadre du grand débat national mais une chose est certaine, libérer la parole des femmes est essentiel pour faire avancer un tant soit peu les choses. 

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Au bonheur des huiles et savons artisanaux

Depuis que je me suis installée à Gap et que j'ai découvert certains artisans, les huiles végétales ont pris une place de plus en plus importante dans ma "routine soin beauté". Je dois avouer que je suis très minimaliste dans ce domaine. Je me maquille peu et j'ai la chance d'avoir une peau dite normale sans allergies particulières. 

 

Depuis plus de 20 ans (donc bien avant que je m'engage dans une voie écolo-slow), j'utilise les crèmes Weleda pour le visage et les laits Cattier pour le corps. Pas vraiment des marques qui font la Une des pages beauté des magazines féminins, ce qui me convient très bien.

 

Et les huiles dans tout ça ? Et bien c'est en faisant la connaissances des Paysans Savonniers et de Créa' Savon que j'ai pris goût aux huiles végétales et que je n'utilise plus que des savons artisanaux. 

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De bonnes raisons de visiter le Musée muséum départemental des Hautes Alpes

En cette période de vacances scolaires, je ne saurais trop vous conseiller de prendre le temps d'aller visiter les expositions temporaires du Musée muséum départemental des Hautes-Alpes avant qu'elles ne se terminent début mars.

 

La première raison en est la belle diversité des oeuvres et artistes présentés et le parcours de visite, intitulé "Jadis Déjà, dans la lignée des passeurs et créateurs de mémoires" qui invite à découvrir la richesse du patrimoine haut-alpin et le travail de différents artistes contemporains. La seconde tient dans la gratuité de l'entrée du musée. 

 

Lorsque j'y ai travaillé et que j'en parlais autour de moi, j'étais très étonnée de me rendre compte que peu de personnes ici savaient que son entrée  était gratuite et que les expositions temporaires changeaient régulièrement. Et surtout qu'elles n'y avaient pas remis les pieds depuis leur scolarité ! Il serait donc temps de changer vos habitudes non ? Et de vous abonner à la newsletter pour être informé-es des nombreuses animations proposées par l'équipe du Musée tout au long de l'année.

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Qu'ai-je vu de Saïgon ?

Saigon, théâtre, Caroline Guiela Nguyen, La Passerelle, Les Hommes Approximatifs

Je suis entrée dans la salle du Théâtre La Passerelle ce vendredi 1er février sans savoir grand chose de Saïgon. Volontairement. J'avais juste le désir de voir ce spectacle. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me bouleverse autant. 

J'ai écouté depuis Caroline Guiela Nguyen raconter la manière dont s'est construit cette saga théâtrale, le travail avec l'équipe artistique de sa compagnie Les Hommes Approximatifs, avec les comédiens, français, vietnamiens, Viet Kieu, professionnels et non professionnels. Comment tous ensembles ils ont bâti ce "trajet de larmes particulier". Cette histoire qui se déroule sur 40 ans, du départ des français et vietnamiens de nationalité française en 56 à la levée de l'embargo sur le Vietnam en 96 et l'autorisation pour les expatriés de repasser la frontière. Une histoire française dont finalement nous savons peu de choses. 

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Chronique en vrac #23 : ce drôle de mois de janvier

Je ne sais pas quand cela a commencé mais depuis quelques années, janvier est un mois pendant lequel je marque le pas. Je ralentis. Mon corps en a besoin et mon cerveau aussi. Je le laisse en roue libre, brasser l'année passée, envisager l'avenir. Et parfois, il est aussi brumeux que ce paysage ce matin...

Pour gérer le quotidien, le bullet journal s'avère définitivement le meilleur outil que j'ai mis en place dernièrement. Il a l'avantage de m'aider à poser sur le papier et à hiérarchiser les priorités, à définir chaque mois les différentes taches professionnelles et administratives à effectuer. Et je m'y tiens, plutôt bien. Pour le reste...

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L'Entre Temps au Théâtre la Passerelle

Exposition, photographies,  Christine Lebevre, Bernard Descamps, Théâtre la Passerelle
Exposition L'Entre Temps, photographies de Christine Lebevre et Bernard Descamps

J'emprunte le titre de l'exposition de photographies de Christine Lefebvre et Bernard Descamps pour reprendre le fil de l'agenda culturel et la programmation de février du Théâtre la Passerelle. Et pour rappeler aussi qu'il ne reste que quelques jours pour aller voir cette très belle exposition à la Galerie du théâtre.

 

Deux démarches différentes mais qui se retrouvent néanmoins dans une forme de détournement de la réalité qui emporte le spectateur d'un imaginaire à l'autre, ailleurs. 

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Chronique en vrac #23 : séjour parisien et expositions

Après un séjour à Paris, j'ai toujours un peu de mal à me remettre dans le bain des affaires courantes et projets à faire avancer. Je procrastine (un peu), prend prétexte d'un rhume ou d'une tendinite au coude (bien réelle) pour prendre le temps. C'est l'hiver, j'ai envie d'hiberner.

C'était aussi une semaine de vacances pour l'amoureux et on en a profité, comme à chaque fois, pour visiter expositions et musées. Alors avant de revenir à une actualité plus haut-alpine, en voici un petit aperçu. Si vous vous intéressez à la photographie, je vous recommande vivement l'exposition à la BNF sur Les Nadar qui se termine le 3 février. Le sous-titre, "Une légende photographique" est fort juste tant cette famille a marqué les débuts de cet art nouveau qu'était la photographie et notamment celui du portrait. 

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Chronique du potager : saison 2019 #1 - Hiver

Avant toutes choses, je vous souhaite une très bonne année 2019. Que celle-ci vous apporte tout ce que vous pouvez souhaiter et la santé et l'énergie pour y parvenir. 

 

Si je débute cette année par une chronique du potager, c'est ma foi parce que je n'ai pas pris le temps de faire le bilan de la saison et que l'hiver, où tout est au repos, est un bon moment pour le faire. J'entame aussi cet agenda qui va m'être très utile pour faire en temps voulu le nécessaire, en suivant quelques principes de permaculture. Au début de chaque mois, il y a un petit texte d'introduction, puis les travaux à effectuer chaque quinzaine. Sans compter les nombreuses informations qui parsèment cet agenda. Pour janvier, il s'agit "d'observer avant d'agir" et cela me convient très bien, autant pour le potager que pour le reste.

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Chronique en vrac #22 : Décembre et des cabinets à louer

En démarrant en janvier ces chroniques liées aux calembours sur les mois de l'année, je n'étais pas certaine de m'y atteler tous les mois. Et finalement, je me suis prêtée au jeu, souvent à l'arrachée, mais toujours avec plaisir. Leur propos était parfois en lien direct avec le calembour et parfois s'en détachait. Et je dois bien avouer que pour celui de décembre et ses "cabinets à louer", je me sentais bien en peine de dérouler la thématique...

 

Dans la première chronique, il était question de mémoire. Mémoire familiale puisque cette litanie des mois de l'année me vient de la famille de ma grand-mère maternelle. Vous vous demandez en quoi cette porte illustre mon propos ? Et bien c'est celle d'un hôtel particulier à Amiens, qui avant d'appartenir à mes grands-parents maternels, était la propriété des parents de ma grand-mère paternel. Cette génération ayant disparue, il a été vendu mais chaque fois que je suis de passage à Amiens, je ne peux pas m'empêcher de passer devant. La dernière fois, le couple qui l'a achetée m'a invitée à voir les travaux qu'ils avaient fait. Et ce fut un peu étrange de pénétrer dans ces lieux où j'avais tant de souvenirs et que d'autres à présent habitaient. 

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A la découverte de la pêche en montagne

Ou plus exactement des différentes pêches qui se pratiquent en montagne. Comme me l'a écrit avec beaucoup de pertinence en dédicace Sophie Rommens, l'éditrice et co-auteure, de ce Carnet de pêches en montagne, avec mon patronyme (Poissonnier) je suis appelée à aller pêcher. Et pourtant, je n'y connais rien et n'ai jamais pratiqué cette activité. Mais après avoir refermé ce livre, je me suis dit qu'effectivement, ces moments de symbiose avec la nature dans ces magnifiques paysages des Hautes-Alpes, avaient de quoi tenter les plus ignorants des plaisirs de la pêche. 

 

L'histoire de ce livre, c'est d'abord le rêve de Sophie Rommens, celui de pêcher dans les grands espaces naturels qui s'offrent à portée de main. Puis le temps des rencontres, avec Xavier Mordefroid, photographe et accompagnateur en montagne, et Aurélien Rateau, passionné de pêche, de rivière et co-auteur du livre. Et enfin les pêcheurs, avec lesquels ils ont réalisé sept reportages et qui nous font partager leur passion et leur savoir-faire.

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Chronique en vrac #21 : de l'utilité du Bullet Journal

Bullet Journal, Organisation, gain de temps
Bullet Journal

Je me lance après un mois d'utilisation. C'est peu mais suffisant pour avoir trouvé dans le bullet journal ou Bujo (pour celles et ceux qui savent) sa grande utilité dans l'organisation de mon temps. Son concept et sa méthode, pour organiser ce journal de bord quotidien, ont été élaborés par le designer new-yorkais Ryder Carroll, qui l'explique dans cette vidéo mise en ligne en 2013 (vous remarquerez le temps qu'il m'a fallu pour l'adopter...).

J'ai beau travailler principalement dans le digital, je n'ai jamais pu me passer d'un agenda papier et de carnets de notes multiples et variés. Sans compter les listes sur des feuilles volantes ou post-its, un éparpillement qui ne favorise pas forcement l'efficacité. Le Bujo, je tournais autour depuis un moment, lisant des articles de blogs fort utiles sur la question (ici et par exemple), jusqu'à ce que je m'y mette vraiment. Mais ça ressemble à quoi en fait ?

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Recette du Gâteau aux pommes des vendangeurs de Joël Robuchon

Recette, Gâteau aux pommes des vendangeurs, Joël Robuchon
Gâteau aux pommes des vendangeurs

Avant qu'il ne reste plus une part de ce gâteau que l'on doit à Joël Robuchon, parce que vous êtes plusieurs à me l'avoir demandée (et parce que les recettes de cuisine, c'est ce qui attire le plus de lectorat...), voici donc la recette du gâteau aux pommes de vendangeurs. Avec les kilos de pommes que j'ai dans ma cave, je ne me prive pas de le faire régulièrement. Il est délicieux le matin au petit-dej dixit l'amoureux, en dessert avec un café (en ce qui me concerne) ou au goûter. 

Et surtout, il fait aussi le régal des enfants (sans la version sirop au calvados que je n'ai d'ailleurs pas encore testée). La première fois que je l'ai fait, c'était cet été pour l'anniversaire de ma filleule. Elle voulait un gâteau aux pommes, ma mère a sorti la recette et ce fut un franc succès. Et pour cause. Alors sans plus attendre, voici la marche à suivre. 

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My Chet My Song : un concert de jazz unique en hommage à Chet Baker

Une affiche clin d'oeil à Broadway. Un concert de jazz symphonique avec Riccardo Del Fra et l'orchestre de l'Opéra de Toulon en hommage à Chet Baker, c'est ce que nous proposent la Ville de Gap et l'Espace Culturel de Chaillol, le dimanche 16 décembre au Quattro. 

 

My Chet My Song, c'est le titre de l'album éponyme de Riccardo Del Fra, dans lequel ce contrebassiste et compositeur de renommée internationale porte un regard, sans nostalgie, sur cette expérience extraordinaire qui marqua un tournant dans sa carrière, celle de sa rencontre avec Chet Baker en 1979 et les neuf ans pendant lesquels il l'a accompagné lors de ses tournées internationales et sessions d'enregistrement.

Avec son quintet de jazz, accompagné par les musiciens de l'orchestre de l'Opéra de Toulon, il nous invite à redécouvrir cette légende du jazz américain, à travers de nouveaux arrangements et des jeux de variations, liant des morceaux du répertoire avec des compositions nouvelles. 

 

Pour un concert exceptionnel qui s'adresse autant à un public familial qu'aux aficionados de jazz. 

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Chronique en vrac #20 : Novembre... asse pas !

Pandora's box de G.W. Pabst avec Louise Brooks, 1929
Pandora's box de G.W. Pabst avec Louise Brooks, 1929

Pour cette nouvelle et avant-dernière chronique consacrée aux calembours des mois de l’année, j’étais partie pour vous parler (encore) de ma famille. Ce «Novembre…asse pas !» familial me faisant penser à ma grand-mère maternelle qui n’aimait guère les embrassades. Et puis il y a eu cet acquittement, à Cork en Irlande, d’un homme de 27 ans accusé de viol par une jeune fille de 17 ans. Et l’argument avancé par l’avocate de l’accusé, brandissant devant la cour le string en dentelle de la victime, qui serait l’expression de son consentement. 

 

Ce jugement (un de plus) m’a mis en colère. J’ai attendu qu’elle se calme et j'ai repensé au livre d’Olivia Gazalé, « Le Mythe de la virilité, un piège pour les deux sexes » qui a, entre autres, le grand mérite d'expliquer historiquement comment s'est mis en place la domination du masculin sur le féminin. Notre boulot à tous (non les hommes vous n'êtes pas exclus du combat) est de déconstruire ce mythe ancré dans l’inconscient collectif et dont cette plaidoirie (ce n'est qu'un cas parmi tant d'autres...) est un exemple flagrant.

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Zéro déchet, on commence par quoi ?

Je profite de cette Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (du 17 au 25 nov.), dont l'objectif est de sensibiliser tout à chacun à la nécessité de réduire la production de déchets, pour vous parler de mes premières initiatives pour les réduire, ces fameux déchets ! Je suis évidemment bien loin du #zerodechet / #zerowaste, hashtags en vogue (et c'est bien) sur les réseaux sociaux, mais je m'améliore. Si vous vous en souvenez, cela a commencé avec la lessive que j'ai décidé un jour de faire moi même. Exit les lessives industrielles et j'en suis ravie.

 

Si vous me suivez sur Instagram, vous devez savoir que je cuisine pas mal. Mais avant de lire attentivement ce livre de Marie Cochard, mes épluchures allaient directement au compost (ce qui est mieux que dans la poubelle). Or ce livre sur les épluchures et tout ce que l'on peut en faire regorge d'astuces, de recettes et d'informations qui m'on fait voir lesdites épluchures d'un autre oeil.

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Participons à un projet unique : la nouvelle cinémathèque de montagne

En ce mois de novembre, l'actualité de la  Cinémathèque d'Images de Montagne (CIM) est riche. Mais avant de vous parler de la dixième édition de son festival, je tenais à vous présenter le très beau projet sur lequel elle oeuvre depuis plusieurs années et pour lequel elle vient de lancer une campagne de financement participatif

Si les hauts-alpins, amateurs ou passionnés de montagne, connaissent la CIM, je doute qu'il en soit de même pour mes lectrices et lecteurs parisiens, lyonnais, marseillais ou aixois (entre autres). Alors comment est née la CIM et pourquoi a-t-elle besoin de nous ?

 

En 1996, Gilles Charensol, cameraman et réalisateur, et son épouse Valérie Bonfé, jettent les bases de la Cinémathèque d'Images de Montagne, avec pour ambition de collecter, conserver et diffuser tous les films, professionnels et amateurs, tournés en zone de montagne depuis l'invention du cinéma. En plus de 20 ans, ce sont plus de 10 000 films qui ont été numérisés et 2500 référencés sur leur base de données. Un fonds unique en France valorisé dans le cadre de ses actions culturelles. Et maintenant, il est temps de passer à l'étape suivante : la construction d'un lieu ouvert au public et dédié à la mise en valeur et à la protection d'un patrimoine naturel, culturel et économique.

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Novembre à La passerelle : théâtre, jonglage et hip hop acrobatique

L'Amérique, théâtre, théâtre La passerelle, création, Paul Pascot, Serge Kribus
crédit photo : Paul Pascot

Scène nationale et Pôle régional de développement culturel, le théâtre La passerelle a  pour mission de nous proposer, au fil de ses saisons, toutes les esthétiques, facettes et richesse du spectacle vivant et de la création contemporaine. C'est toujours bon de le rappeler. Mais qu'en est-il de la programmation de ce mois de novembre ? 

 

Le lundi 5 et mardi 6 novembre, c'est une création que nous propose La passerelle, celle de L'Amérique. Un texte de Serge Kribus mis en scène par le jeune et talentueux Paul Pascot, avec deux jeunes comédiens, Maurin Ollès et Edward Decesari pour donner corps et voix à cette odyssée dans la France des années 70. Ce spectacle co-produit par La passerelle a pour genèse la commande d'une lecture à Paul Pascot au printemps 2017, suivie de deux résidences de création en juillet 2018 et oct./nov. 2018. 

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Chronique en vrac #19 : Octobre ioche est bonne

Je me rends compte qu'au fil de ces chroniques en vrac dédiées aux mois de l'année et leur calembour, je vous livre un peu de moi et de mon histoire familiale. Cela a débuté évidemment avec celle de janvier (j'y explique d'où m'est venue cette idée) et nous voici déjà en octobre avec le seul calembour explicitement culinaire.

Il me semble que l'on a toutes et tous des souvenirs gustatifs liés à l'enfance. Il se trouve que par un de ces heureux hasards, un de mes souvenirs est celui de la brioche de ma grand-mère paternelle. Mais retrouver ce goût si particulier m'a pris un certain temps. Ma grand-mère ne nous avait pas donné sa recette et pendant longtemps, cette brioche que j'adorais est restée à l'état de souvenir. Je me suis rendue compte un jour qu'elle était en fait une variation du gâteau battu picard. Mais il a fallu que j'hérite d'un cahier de recettes, commencé par une de mes aïeules le lundi 16 novembre 1891, pour que je retrouve la recette familiale. 

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