Chronique #2 : Je suis toujours Charlie

Je me souviens de la sidération et de l'immense tristesse qui m'ont envahies le 7 janvier 2015. Je me souviens que je n'arrivais pas à décrocher des réseaux sociaux et de leurs fils d'actualité jusqu'à la nausée. Je me souviens qu'on est sorti pour ne pas être seuls ce soir là et partager avec d'autres notre peine et notre chagrin. On a bu des bières, on a raconté des conneries, on a ri pour ne pas pleurer. 

 

Ce n'était pas suffisant, il a fallu mettre des mots sur cet état dans lequel me laissait cet attentat. Cette petite gazette n'existait pas encore alors mes mots je les ai publiée ici et , et à les relire (sans prétention aucune), je n'y changerais rien. 

 

Je suis toujours Charlie. 

 

Mais bizarrement, j'ai mis beaucoup de temps à pouvoir rouvrir un livre de Cabu ou de Wolinski. Et si je cite ces deux artistes du trait plus que les autres assassinés le même jour, c'est parce que j'ai grandi avec eux. Et comme en témoignent ces éditions lues et relues de l'amoureux, je ne suis pas la seule. 

 

Etre Charlie (au-delà du journal), c'est préserver notre liberté de penser, de douter, de rire de tout avec intelligence, de discuter, de ne pas être d'accord. C'est se souvenir de ces dessinateurs, journalistes, chroniqueurs qui ont payé de leur vie cette liberté d'expression, qui est, et a toujours été, vitale dans la lutte contre la bêtise, l'ignorance, la barbarie et la violence. 

 

Pour finir, je reprendrais ces mots du philosophe François de Smet : "Cette guerre, nous ne la gagnerons pas avec les armes des terroristes. Nous la gagnerons avec celles de leurs victimes : des stylos pour dessiner ou pour écrire, des écoles pour forcer le mélange des origines et des idées, des journaux et des livres pour défendre ce libre marché des idées qui est notre dernière certitude."