Les chroniques du potager : saison 2016 #6 (Mai)

Le Panama qui a vécu, accessoire indispensable pour me protéger du soleil quand je suis au potager. 

 

Récemment, sur un blog que je lis de temps en temps, je suis tombée sur un billet d'humeur dans lequel la rédactrice se moquait des bobos (que je déteste cette étiquette) s'installant dans un "trou perdu" pour la citer, cultivant leur potager bio - "lubies de bobos" - et postant tous les matins sur Facebook bourgeons et semis. Loin de m'énerver, ça m'a plutôt fait rigoler. Je fais amende honorable, j'adore partager sur Instagram et Facebook l'avancement de mes semis et tenir cette chronique du potager. Cette activité, dont on peut se moquer, est pour moi comme pour d'autres, vitale. Et je ne parle pas seulement du fait que l'été, la production de notre potager nous permet de consommer ce que nous cultivons. 

Je fais quasiment le même métier que l'auteur de ce blog (même si en ce moment l'activité est calme). Evoluer dans le domaine de la communication, faire des relations presse ou du community management, vous mène parfois au bord du burn out. J'ai eu d'excellentes expériences avec des clients avec lesquels je m'entendais très bien et qui appréciaient mon travail, et d'autres qui ont généré tellement de stress, que la seule manière pour moi de ne pas craquer a été de retourner la terre, planter, semer, désherber. Dans cet espace préservé et calme, je pouvais enfin ne penser à rien d'autre qu'à ce que je faisais. J'oubliais l'incompétence des uns, l'agressivité des autres et ce fut salvateur. 

 

Je dirais même que c'est une forme de méditation comme une autre. Et que le fait de suivre un cycle naturel, d'être patient, d'être témoin et contempler l'évolution naturelle des plantes, apporte un équilibre. Je n'en fais pas mon métier et je pourrais comprendre que des agriculteurs portent un regard moqueur sur ces chroniques et photographies (fort heureusement pour moi, ils n'en ont pas le temps). Pour les autres, ils ne savent pas ce qu'ils perdent à ne pas cultiver leur jardin, même sur un balcon. 

 

L'autre truc aussi, c'est qu'en retrouvant le véritable goût des fruits et légumes, et bien forcement on consomme différemment. Plus aucun fruits et légumes en supermarchés, seulement ceux de saisons et chez des maraichers locaux. Ça ne bouleverse pas l'industrie agro-alimentaire mais je fais ma part, comme le colibri. 

Le compost, fort utile pour recycler les déchets alimentaires et fertiliser la terre. 

 

A part ça, on en est où dans mon potager bio ? Et bien messieurs, dames, tout pousse. On a même pu déguster les premières feuilles d'épinard.

 

J'ai semé les quatre premiers rangs de haricots, trois variétés différentes. Et l'on va attendre une bonne quinzaine de jours pour les prochains, histoire d'espacer dans le temps la récolte de cet été. Les fraisiers sont beaux cette année, ce qui présage quelques belles fraises, goûteuses et gorgées de soleil.

 

Plus ça avance et plus j'ai bon espoir avec mes semis d'aubergines et de panais que je bichonne à la maison. Ils ont tous été rempotés et se développent à leur rythme. De toutes façons, il fait encore trop froid la nuit pour les mettre en terre.

 

Prochaine étape, les plants de tomates, de courgettes et de blettes. Allez, je vous laisse. Mais franchement, ce n'est pas beau tout ce vert ? Des épinards aux fraisiers, en passant par les semis, la laitue à couper et les plantes aromatiques (ciboulette, estragon, sarriette et sauge). Je suis peut-être un peu simple, mais ça suffit pour me réjouir. 

 

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