Eurasiatrip : sur la route de l'Eurasie avec Clotilde et Tommy

Après le tour de France Happy Cultors de Margaux, je vous invite à découvrir une autre belle initiative, celle d'Eurasiatrip, le voyage écoresponsable de Clotilde Métier et Tommy Joos, imminent, puisqu'ils décollent demain pour Moscou et la première partie de leur périple. 

 

Là encore, j'ai découvert leur projet via leur compte Instagram et notamment parce qu'ils ont passé la saison d'hiver dans les Hautes Alpes, pour financer une partie de leur voyage. J'ai été visiter leur site et j'ai aimé leur démarche et leurs valeurs. Cette envie de voyager, de s'ouvrir à d'autres cultures et d'autres mode de vie, de s'enrichir avant de s'engager dans la vie active. Alors je les ai contactés et je leur ai posé quelques questions auxquelles ils ont répondues en détail. Encore une rencontre et interview virtuelles, mais c'est un peu toute la magie d'internet. Vous êtes prêts ? Cliquez sur Lire la suite :-)

 

Ci-dessus, la carte de leur voyage qui évoluera peut-être en cours de route. Avant de vous lancer dans la lecture de cette interview, mettez en bookmark leur blog pour suivre leurs aventures ou suivez-les sur Facebook

 

 

 

 

 

Quelles ont été le point de départ et vos motivations concernant ce voyage éco-responsable en Eurasie ? Et vos objectifs ?

 

Comme beaucoup de jeunes diplômés* nous avions envie de partir découvrir le monde par nous même, faire un voyage “initiatique” avant de nous engager dans une vie active. Nous sommes tous les deux persuadés qu'aujourd'hui, il est nécessaire de s'ouvrir aux autres, au sens large du terme, et pour cela le voyage est un excellent exercice !

 

C'est aussi une façon de se (re)connecter à la réalité, être dans le concret, nous avons tout les deux passé du temps à étudier la géographie, à nous sensibiliser aux question environnementales, se confronter à ces problématiques autrement qu'à travers nos bouquins de cours ou les médias, c'est un aboutissement.

 

Lamartine disait “Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie.” Il était important pour nous que ce voyage ne soit pas juste touristique, il fallait qu'il soit en lien avec nous, nos études, nos passions. L'écoresponsabilité est un point sur lequel nous étions tous les deux d'accord et qui nous apparaissait comme une évidence vu nos activités professionnelles et les valeurs de notre style de vie.

 

Concrètement nous essayerons d'alimenter deux thèmes de projets personnels pendant le voyage et après, l'un orienté sur les populations, l'autre sur l'environnement. Nous publierons des articles, portraits, reportages photos et peut être vidéo, lecture de paysage, prise de sons, relevé de végétaux particuliers... etc. D'autre part, grâce à des sites comme Helpx, Workaway, Woofing, Travel with a mission... nous essayerons de donner un coup de main sur le terrain, ce sera aussi un excellent moyen d'apprendre. Le travail permet souvent de casser des barrières, créer des liens, d'échanger facilement.

 

Clotilde a un DESS Environnement et Développement Durable et une licence en Géographie. Tommy est paysagiste de formation et également licencié en Géographie.

 

 

Quel est votre itinéraire et la durée prévus pour ce voyage ? Quel sera la première étape ?

 

Concernant l'itinéraire, nous avions chacun nos envies et nos idées de voyage avant de nous rencontrer, mais prenant la décision de partir à deux, il était important de construire un projet commun avant tout. Et bizarrement ce fut la partie la plus simple, Tommy rêve depuis toujours de la route de la soie et Clotilde avait en tête depuis quelques années d'emprunter le Transsibérien. De ces deux routes, nous en avons tracé une à mi-chemin, bien entendu en tenant compte des réalités géopolitiques.

 

La première étape de notre voyage est Moscou, notre seul transport lourd sera un vol au départ de Paris le 28 mai. Nous avions initialement prévu de faire une première boucle à travers le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, et suivre la ligne ferroviaire Moscou - Oulan-Bator - Pékin ; le Transmongolien. Finalement notre budget ne nous permettra pas de découvrir ces deux pays d'Asie Centrale (une prochaine fois... !), et pour ce qui est du train, nous couperons à la moitié, nous avons dû faire une croix sur le lac Baïkal.

 

Nous pensons nous arrêter au cœur de la Sibérie, à Novossibirsk puis Tomsk, pour prendre la direction de la chaine de l'Altaï que nous traverserons en bus, à pied ou en stop selon les opportunités. Nous rentrerons donc en Mongolie par la très petite porte de Tashanta, dernier village au cœur des montagnes de la République de l'Altaï.

 

Nos envie d'aventures et de montagnes nous ont peut être été guidées par notre saison dans les Hautes Alpes...qui sait !? Arrivés en Mongolie nous profiterons de la province de Bayan-Ölgii à l'Ouest, puis nous partirons direction Oulan Bator où nous comptons rester dans une famille pour s'imprégner de la vie et des coutumes locales et également travailler sur des éco-projets. 

 

À l'expiration de nos visas, nous rejoindrons la Chine que nous souhaitons traverser en vélo depuis Beijing, direction Lhassa puis Katmandou ! Les itinéraires en Mongolie, en Chine puis éventuellement au Népal, en Inde... etc sont de moins en moins précis, tout simplement car nous n'avons pas encore planché dessus ! Nous aviserons au jour le jour.

 

 

Nous espérons partir au moins cinq mois, puis notre budget décidera pour nous...

Pourquoi cette étape dans les Hautes Alpes ? Combien de temps a t-elle durée et où dans le département ? Comment l'avez-vous vécu par rapport à votre charte eco-responsable ?

 

Et quel bilan en tirez-vous (accueil, sensibilisation des personnes que vous avez rencontré et avec lesquelles vous avez travaillé, à une économie responsable et au développement durable) ?

 

L'étape dans les Hautes Alpes était une parenthèse à notre voyage. Nous sommes rentrés de notre vie canadienne, ou plutôt québécoise à la fin de l'été. Et c'est en allant rendre visite à la sœur de Tommy, ostéopathe à Monetier-les-Bains, que nous avons trouvé cette opportunité de devenir saisonnier le temps d'un hiver. Nous avons travailler pour un restaurant d'altitude “Le Café Soleil”, au dessus de St Chaffrey-Chantemerle, essentiellement pour financer une partie de notre voyage.

 

Ce fut l'occasion de travailler dans le cadre magnifique des Hautes-Alpes et de rencontrer bon nombre de voyageurs qui ont souvent choisi une vie alternative à celle proposée par notre société.

 

Nos patrons, Serge et Laurence, qui ont pris le temps depuis plusieurs années de voyager en moyenne cinq mois par an. Ils ont par exemple traverser l'Afrique du Nord en 4x4 en autonomie. Nos collègues et amis : Yannick, qui a fait le tour de l'Australie à vélo, pour qui les chemins de Compostelle n'ont plus de secrets, et qui porte un projet de maison d’hôte alternative dans le Lot pour voyageur à vélo. Romane, qui s’apprête à partir en PVT en Australie. Alban, qui est déjà resté quelques temps au Népal, à traversé l'Europe en vélo en autonomie jusqu'à la Mer Noire, et qui part à l'automne pour la Patagonie... bref autant de personnes inspirantes pour une région toute aussi exceptionnelle, nous avons été conquis ! 

 

Concernant le développement durable, il est évident qu'il ne va pas de pair avec une station de ski comme celle de Serre Chevalier. Pour nous, qui travaillions sur le domaine skiable, nous avons souvent mis des œillères. Les problématiques sont nombreuses, et les flux colossaux ! Chaque année, des millions de skieurs envahissent les stations. Les Alpes en abritent plus de 600, qui disposent de plus de 10 000 rampes de télésièges et qui consomment une quantité phénoménale d’eau et d’énergie notamment pour faire de la neige artificielle... Dans ces conditions, dans des régions montagneuses particulièrement sensibles, il ne peut pas y avoir de petits constats, le réchauffement récent y a été près de trois fois supérieur à la moyenne planétaire !

 

Nous n'avons constaté que trop peu de sensibilisation au dérèglement climatique. Par contre c'est à une plus petite échelle, plus proche, disons plus locale, que nous avons constater plusieurs points positifs, une certaine sensibilité et un certain changement des mentalités. Les personnes que nous avons rencontrées, et plus particulièrement les Haut Alpins sont pratiquement tous réceptifs aux discours sur l'environnement, tous sont unanimes sur la cause du manque de neige par exemple, beaucoup se posent des questions sur l'impact de la neige artificielle...

 

 

Il est aussi évident que les habitants de la région cherchent à protéger leurs environnement, leurs habitats, leurs savoirs faire. Il y a une recrudescence du "manger/boire local et bio", "vivre local", de profiter des navettes/bus, de faire du stop... etc. Mais également de recourir à des médecines plus douces, respectueuses du corps et de l'esprit, et bien sûr de l'environnement !

 

 

Avez-vous bouclé votre financement ou êtes-vous encore en recherche de partenaires ?

 

Nous avons chacun un budget de base, qui nous permet théoriquement de partir au moins 3 mois, mais nous pensons que sur place nous réussirons à voyager à moindre coût et ainsi prolonger l'aventure. La recherche de partenaires a bien avancé, mais nous espérons encore plus puisque notre objectif reste de parcourir l'ensemble de l'Eurasie.

 

Nous souhaiterions idéalement trouver sur place des associations ou autres organismes avec qui nous pourrions travailler. Dans cette optique, nous sommes devenus Twam Ambassador pour l'association Travel with a Mission (TWAM), dont le but est de mettre en relation voyageurs (Twamers) et organismes locaux (Twamhosts: écoles, universités, associations, hopitaux, etc.) pour un partage des cultures, connaissances et savoirs faire entre les différentes populations du monde.

 

 

Notre mission sera donc de faire la promotion du Twaming à travers notre engagement pour l'avenir de planète, que ce soit au niveau environnementale, de la cohésion des peuples, de l’éducation, tout en étant conscients de la réalité qui nous incombent en tant que voyageurs, de laisser une trace positive après notre passage.  

 

 

J'imagine que nous pourrons suivre votre voyage et vos rencontres sur votre site et les réseaux sociaux.

 

Nous avons créé un site internet: eurasiatrip.net qui se veut un peu plus qu'un blog. Nous essayerons d'y mener nos quelques projets personnels en rapport avec nos professions et valeurs. Sa vitesse de mise à jour dépendra évidemment du réseau disponible...

 

 

Nous avons également une page Facebook : eurasiatrip, et un compte Instagram du même nom pour partager les photos !

 

Souhaitons leur bonne route et suivons leur voyage qui nous fera découvrir l'Eurasie d'une autre manière. Tschüss !