Tous Dehors (Enfin)! - Retour en images et mille merçis

Ça y est, mon fessier n'est plus endolori suite à la position assise par terre prolongée, plus ou moins longues selon les spectacles. Il faut dire aussi que cette année, je n'ai pas boudé mon plaisir, assistant à 10 des 15 spectacles proposés par le Festival Tous Dehors (Enfin)! Et je crois aussi que je n'ai jamais autant dit merci, à chaque fin de représentation, parce que c'est le moins que l'on puisse dire à ces artistes qui nous ont offert de magnifiques prestations et spectacles. 

 

J'ai beaucoup ri, j'ai eu les larmes aux yeux, la chair de poule. J'ai été captivée, tout le temps, alors je tenais à remercier à nouveau l'équipe du théâtre La Passerelle et son directeur, Philippe Ariagno, ainsi que la ville de Gap, pour ces deux jours et demi de festivités. Je pense que je ne suis pas la seule, vu le nombre de personnes, en famille, en couple, entre amis, que j'ai pu croiser dans la ville ou au parc de la Pépinère, avec toujours le sourire aux lèvres. Cette année, 20 000 spectateurs (13 000 l'année dernière) ont répondu présents. Et ils auraient pu être plus nombreux, si 6 représentations n'avaient pas dû être annulées à cause de la pluie. Aléa des arts de la rue. 

C'était très beau aussi de voir ces enfants et quelques adultes arborer les Mystérieuses Coiffures de Christophe Pavia. J'aurais bien aimé aussi confier ma tête à cet incroyable "dresseur de cheveux", mais le temps pluvieux de dimanche aura eu raison de mon désir. Je n'ai pas eu le courage de sortir.

 

Si je n'avais aucun doute concernant la qualité artistique des spectacles que nous allions voir, je n'en mesurais pas l'incroyable diversité, qui finalement est à l'image du foisonnement créatif des arts de la rue. Pas un ne m'a déçu même si j'en ai vécu certains plus intensément que d'autres. Et je regrette de n'avoir pu voir ceux proposées dans le domaine de Charance (il fallait faire un choix face aux prévisions météo du dimanche), ainsi que Ce qui m'est dû de La Débordante Compagnie et Urban et Orbitch de et avec Boris Arquier (Compagnie MicrOsillon). 

 

Pour ce qui est des autres, je vais vous les citer et mettre les liens vers leur site internet, où sont inscrits les dates de tournée ou représentations. S'ils passent près de chez vous, allez-y !

 

La Cuisinière de la Compagnie Tout en Vrac est un bijou de leçon de cuisine qui s'emballe et dérape furieusement. Jouissif et rock'n'roll ! Et Noémie Ladouce y est incroyable. 

 

Le Chant des Pavillons, parcours musical, sensible et poétique de La Fausse Compagnie. Instruments étranges, costumes hors du temps, on se laisse vite séduire par ces trois interprètes, les suivant dans leur balade musicale comme les enfants le Joueur de Flute.

 

Ma Vie de Grenier, de et avec Stéphane Filloque, Carnage Productions. Il m'aura émue aux larmes ce Gaëtan Lecroteux avec son vide-grenier et sa brocante existentielle. On y rit aussi beaucoup de sa maladresse. Et promis, je n'offrirais jamais l'histoire de Boucle d'Or à mes nièces et neveux.

 

Around du Groupe Tango Tsumo. Je défie quiconque de ne pas être pris aux tripes par cette chorégraphie et ces huit danseurs qui nous embarquent pendant 35 mn dans une danse/transe vertigineuse.

 

The S.W.A.T (GIGN en français) de Carnage Productions. Là encore, on aura bien ri à cette intervention d'un commando d'élite, enchaînant descentes en rappel, chutes, combats, cascades et escalades avec une maladresse des plus réjouissante. 

 

Les Zèles d'Obus de la Compagnie Benoît Charpe. Benoît Charpe se définit comme "un artisan monocyclotrampoliniste déjanté". Peut-être qu'il faut l'être un peu pour faire du monocycle sur trampoline... Il m'a laissé bouche bée, m'a donné la chair de poule et j'ai été fascinée par la beauté et la poésie de sa gestuelle défiant les lois de la gravité. 

 

Ulik's Opus II et Ulik's Glisssssssendo de la Compagnie Le S.N.O.B (Service de Nettoyage des Oreilles Bouchées). De jour comme de nuit, les déambulations musicales de ces musiciens flottant et virevoltant fut un plaisir des yeux et des oreilles. 

 

Et je termine avec La Grande Saga de la Françafrique de la Compagnie Les 3 points de suspension. Interprété par Jérôme Colloud, qui l'a co-écrit et co-mis en scène avec Nicolas Chapoulier, ce spectacle qui retrace l'histoire de la Françafrique, en passant par la Belgique, de 1916 à nos jours, est une grande claque. Leçon d'histoire à l'humour noir et au vitriol, dans laquelle il dresse le portrait des principaux protagonistes, dont un Jacques Foccart maléfique. Là encore, on y rit beaucoup car Jérôme Colloud est un incroyable interprète / chanteur / bruiteur / acteur, en perpétuelle interactivité avec son public (le jeune Antonin n'est pas prêt d'oublier ce spectacle). Mais on y rit jaune aussi, tant cette histoire est pleine de morts, d'assassinats, de guerres, de conflits, de rapacité, de corruption, de pillages des richesses du continent africain. C'est notre histoire et elle est toujours d'actualité... 

 

A tous, j'adresse encore une fois mille merçis. Longue vie à ce festival et à l'année prochaine ! 

 

(Juste un truc. Si la ville de Gap, dans sa logistique mise au service du festival, pouvait mettre en place l'année prochaine une navette entre le centre ville et le domaine de Charance, ce serait top). 

 

Et pour finir, le 18 juin à 18h30, l'équipe de La Passerelle présentera au théâtre le programme de la saison 2016/2017.

 

Tschüss ! Et à +