Les chroniques du potager : saison 2016 #8 (juin)

Reprendre le rythme des publications par une nouvelle chronique du potager est dans la logique des choses, puisque c'est le premier endroit où je me suis rendue en revenant à Gap, après quinze jours entre la côte d'Opale et Paris. Je sais que je vous ai un peu délaissé, mais c'était pour mieux profiter de ma famille et de mes ami(e)s que je vois moins depuis que je me suis installée ici. Sans compter une connexion internet aléatoire (le wifi gratuit a ses limites). 

 

Les fraises, c'est surtout l'amoureux qui en a profité mais il en reste quelques-unes, sucrées, fermes, avec ce goût, le goût de la fraise poussée en terre que l'on finirait presque par oublier... 

Le début de l'été, c'est aussi le moment des premières récoltes. La laitue à couper et surtout les pois, ces "Merveille de Kelvedon", vieille variété anglaise, dont j'avais acheté les graines l'année dernière chez Germinance. Cette année encore, ils ont bien poussé et cette première récolte nous a donné 1,2 kg de pois, dégustés en partie le soir même. Chaque saison, j'ai envie d'en semer plus, tellement j'aime le goût du pois frais. Il nous reste néanmoins à améliorer le tuteurage pour que les tiges puissent grimper plus haut. 

 

J'ai beau consulter des bouquins, des articles sur internet, voire des forums, il n'y a finalement que sa propre expérience qui permet d'améliorer la qualité des cultures. Et faire avec les aléas du temps, sur lequel nous n'avons aucune prise. Ce qui fait qu'aucune saison ne se ressemble vraiment et que l'empirisme domine. 

 

Concernant les fèves, que je n'avais encore jamais cultivées, j'avoue ne pas avoir pris la mesure des dégâts que pouvaient causer les pucerons noirs qui ont colonisé les tiges, abimant irrémédiablement les plants. Après un premier essai de traitement au savon noir, je suis passée à la pulvérisation de purin d'ortie maison. Plus pour tester son efficacité que pour sauver les plants. Je m'y suis prise bien trop tard et l'année prochaine, nous sèmerons oeillets d'Inde et capucines pour attirer ces nuisibles ailleurs que sur les fèves !

Pour de multiples raisons, liées notamment à la météo plus que variable de la fin du printemps, on était un peu à la bourre pour les courgettes et les salades. Or trouver des plants de courgettes fin juin relève de la gageure. On a finit, non sans peine, par y arriver, ce qui me conforte dans l'envie de faire mes propres semis l'année prochaine, comme j'ai pu le faire pour les panais et les aubergines. 

 

Mes dix plants ont été mis en terre hier. Ils ont déjà pris de belles pluies d'orage... et comme dit l'amoureux, ne survivront que les plus résistants. 

 

On a aussi planté les blettes, un plant de cornichons et ressemer un peu de laitue à couper (feuille de chêne rouge). Les pluies de printemps, le vent et de grosses journées de chaleur ont rendu la terre extrêmement dure et tassée. Ce qui me fait douter du développement des panais, en fait de terre meuble, il va falloir qu'ils bataillent pour pousser... Et on ne le saura qu'à l'automne. 

 

"Il faut cultiver notre jardin" conclut Candide dans le conte de Voltaire. A prendre au sens propre comme au figuré, comme en témoigne la belle histoire du village de Brachoua au Maroc que je vous invite à lire. 

 

Sur ce, je clos ce mois de juin. Tschüss et à très vite !