Tous Dehors (enfin) ! : pari tenu

Festival Tous Dehors, Plouf et Replouf, parc de la Pépinière
Plouf et replouf ©Pat Domeyne / ADDET05

Avant de vous parler d'une BD intitulée, Cultiver le bonheur pour les nuls, dans laquelle j'ai déjà puisé des exercices bénéfiques, je reviens sur ce week-end festif initié par le Théâtre La Passerelle, le festival Tous Dehors (Enfin)! et les deux autres rendez-vous désormais associés, la journée Slow Food Coolporteur et Festiv'idées organisé par l'association Mobil'Idées

 

Et du monde dehors, il y en avait, tous âges confondus, en famille, entre amis, l'espace d'un week-end la ville généralement endormie (enfin surtout le dimanche) s'est éveillée au rythme des spectacles, déambulations, concerts, marché de producteurs, dégustations... Preuve en est avec ces spectateurs dans le parc de la Pépinière venus assister à une des représentations de Plouf et Replouf de la Cie Super Super. Perso, je l'ai vu vendredi en sortant du boulot, une parfaite mise en bouche qui a balayé en de grands éclats de rire la semaine passée. Petit plaisir numéro un. 

La veille, j'avais commencé par Block des Compagnie NoFit State Circus et Motion House en avant première. Deux disciplines complémentaires, le cirque et la danse, 7 artistes virtuoses, 20 blocs gigantesques et un jeu de construction, reconstruction, histoire de corps en mouvement, liés les uns aux autres, de mur à franchir, de tour à construire. Energie, vitalité, amour, danger, souffle suspendu, dans une belle métaphore de nos cités modernes où finalement on est rien l'un sans l'autre. 

 

Après un tour au marché et au potager samedi matin, parce que bon, ça aussi cela fait partie de mes petits plaisirs de la vie, on est reparti avec un parapluie... Parce que qui dit plein air, dit vérification des prévisions météorologiques, qui pour le coup ne s'étaient pas trompées...

L'envol, Cie Adhok, Festival Tous Dehors (Enfin)!, Pat Domeyne
L'envol, Cie Adhok ©Pat Domeyne / ADDET05

Et pourtant c'était bien parti, avec cette déambulation au rythme de L'Envol de la Cie Adhok. Je ne les ai pas vu sortir du Nid, dommage, mais ce passage de l'adolescence à l'âge adulte, les premiers entretiens d'embauche, les premières amours, les relations familiales, les amitiés évoqués dans une belle énergie communicative a ravivé des souvenirs. Et cette envie d'écrire un jour peut-être cette lettre à celle que j'étais à 20 ans... 

 

La suite de la journée a été plus erratique, ce qui en soit est un peu le propre d'un festival. Une Aventure affichant complet, on a fini par s'installer dans le jardin de la Providence pour assister ensuite au spectacle de magie et de mentalisme, Evidences inconnues, de la Cie Rode Boom de et avec Kurt Demey. Ciel noir, premières gouttes de pluie, le spectacle débute quand même jusqu'au déluge de pluie et de grêle. Fin de partie. Mais pas complètement, ce serait sans compter sur la réactivité des artistes. Massés les uns contre les autres sous un auvent, en attendant que l'orage passe, Kurt Demey nous y a rejoint. Munis des deux photos que l'on avait choisi au début du spectacle, dans des tours de passe-passe et d'échanges, on a oublié le froid, la pluie et le vent, curieux de voir si ça allait marcher. Si à l'arrivée, on parviendrait à réunir les deux parties d'une des photos que l'on avait en main. Et bien pour nous, ça a marché. Alors mathématiques, statistiques, magie, synchronicité, qu'importe, c'était un beau moment.

Vous êtes toujours là ? On passe à dimanche avec une météo plus clémente et ensoleillée. J'ai commencé par une visite du marché des producteurs organisé par Slow Food Coolporteur. Histoire de claquer la bise à Yann de Agostini du Domaine du Petit Août et David Demars de la Brasserie du Haut Buech. J'ai y ai aussi découvert les produits de Sébastien Chosson, cueilleur dans le Queyras, sur lequel je reviendrai. J'aurais bien acheté des plants d'herbes aromatiques et de légumes du Fabuleux Jardin situé à Buis les Baronnies, mais je me voyais mal les trimbaler toute la journée. 

 

Et sinon, j'ai pris des couleurs au Musée Mombana de Kokologo, transportée au Burkina Faso par la faconde et l'humour de Monsieur Bakary, conservateur attitré du lieu. Chaque objet de ce "Ministère des Affaires Inutiles" nous plonge dans une histoire, celle de la débrouille et de l'inventivité, avec en filigrane les relations entre l'Afrique et les pays occidentaux. Pour finir avec l'excellente comédie financière, Argent, pudeurs et décadences, de la Cie AIAA. Menée tambour battant par deux comédiennes tour à tour tradeuses, banquière et cliente, sage-femme ou militante d'Attac, ce spectacle parle de l'argent sans tabou, de la spéculation financière, des marchés, de l'économie mondiale, des entreprises et leurs paradis fiscaux. Du rapport que l'on a avec l'argent aussi. C'est drôle, pour mieux nous faire réfléchir sur la société dans laquelle on vit, sur l'influence de cette économie sur nos vies. En parlant d'argent, j'ai raté la présentation de La Roue, nouvelle monnaie locale, mais le sujet m'intéressant grandement, je vais y revenir.

 

Et voilà, un dernier tour sur le parvis de l'Hôtel du Département pour regarder, de loin cette fois, les danseurs et circassiens de Block et c'en était fini pour nous de cette édition. Mon petit bémol, c'est l'absence de navettes pour desservir le site de Charance (sponsors, mairie, entendez-vous ?) mais que dire, sinon une fois encore, un grand merci à l'équipe de La Passerelle, qui s'est démenée pour nous offrir ce festival et cette organisation souriante et bienveillante. 

 

Sur ce, je vous dis tschüss et à plus !

 

ps : les photos qui sont publiées ci-dessous sont la propriété de Pat Domaine / ADDET05 ou la mienne, merci de les respecter.