Chronique en vrac #8 : 13 novembre

Je ne pensais pas reprendre le fil de ce blog avec cette date, le 13 novembre. Mais je me souviens très bien du 14 novembre 2015, comme je me souviens du 7 janvier. De la sidération, de la nausée, de la tristesse, des pleurs. Des fils d'actualité réactualisés en permanence. De l'angoisse. 

De la véracité des doigts d'une main qui vous relient, en l'occurrence, à quelqu'un qui vient d'être abattu. 

 

J'ai pleuré la mort de Véronique de Bourgies parce qu'un mois auparavant on déjeunait en terrasse à Paris. Le 19 novembre, j'ai écrit ce texte pour elle et je pense à elle bien souvent. Pas vraiment besoin de commémoration. Mais je me dis que tous ceux qui ont perdu un proche dans cet attentat, qui vivent le manque au quotidien, doivent se sentir touchés par ces pensées émues d'inconnus.

 

Pourquoi ce 13 novembre et pas Nice, Londres, Barcelone, Manchester... tous ces attentats de part le monde qui endeuillent des villes, des pays, des communautés, des familles. 

Parce que j'ai souvent pensé que si j'avais été à Paris ce 13 novembre, j'aurais pu être au Carillon, à la Belle Equipe, dans ce quartier du 11ème arrondissement qui m'est si familier. Parce qu'avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Parce que de toutes les villes, Paris est ma ville. Celle où je suis arrivée à 20 ans fuyant ma province, celle qui pendant plus de 20 ans m'a vu devenir adulte. Celle que je retrouve toujours avec le même plaisir (même si en cherchant une photo pour illustrer cet article, je me suis rendue compte que j'avais mis six mois après cet attentat avant d'y retourner). Ces assassins avaient donc réussi pendant six mois à me tenir éloignée d'elle. 

 

En 2013, j'ai deux nièces qui sont nées, l'une le 7 janvier, l'autre le 13 novembre. Le hasard temporel fait que je ne peux oublier leur anniversaire (contrairement à mes autres neveux et nièces dont parfois j'oublie le jour de naissance). Mais bizarrement, loin de m'attrister, leur anniversaire est une étincelle de joie et un hymne à la vie.