Novembre à La passerelle : théâtre, jonglage et hip hop acrobatique

L'Amérique, théâtre, théâtre La passerelle, création, Paul Pascot, Serge Kribus
crédit photo : Paul Pascot

Scène nationale et Pôle régional de développement culturel, le théâtre La passerelle a  pour mission de nous proposer, au fil de ses saisons, toutes les esthétiques, facettes et richesse du spectacle vivant et de la création contemporaine. C'est toujours bon de le rappeler. Mais qu'en est-il de la programmation de ce mois de novembre ? 

 

Le lundi 5 et mardi 6 novembre, c'est une création que nous propose La passerelle, celle de L'Amérique. Un texte de Serge Kribus mis en scène par le jeune et talentueux Paul Pascot, avec deux jeunes comédiens, Maurin Ollès et Edward Decesari pour donner corps et voix à cette odyssée dans la France des années 70. Ce spectacle co-produit par La passerelle a pour genèse la commande d'une lecture à Paul Pascot au printemps 2017, suivie de deux résidences de création en juillet 2018 et oct./nov. 2018. 

Au tout début des répétitions, j'ai eu la chance de pouvoir me glisser quelques heures dans la salle. Pas trop longtemps pour ne pas en savoir trop et gâcher mon plaisir de la découverte, mais suffisamment pour comprendre en quoi monter L'Amérique était une nécessité pour Paul Pascot. De son propre aveu, il a vécu la découverte de ce texte, au tout début de sa formation en tant qu'acteur il y a 7 ans (il avait 22 ans, l'âge des personnages), comme une forme de révolution théâtrale de par la structure même du texte. Ces va-et-vient entre le présent de la narration dans le présent d’une situation qui fait déjà partie d’un passé lui ont semblé incroyablement intéressant à explorer. Un entremêlement de temps dans lequel les deux personnages revivent ce qu’ils ont vécu ensemble dans un dialogue qui alterne entre présent et passé. Un texte à vivre comme un souffle d’air, comme une libération des « contraintes » par ce qu’il raconte mais aussi par son rythme dans l’écriture.

 

L'Amérique, c'est l'histoire d'une rencontre et d'une amitié aussi improbable qu'intense entre Babar, le grand costaud, timide étudiant qui a choisi médecine pour faire plaisir à ses parents, et qui garde bien enfouies à l’intérieur de lui sa soif de justice et son envie d’ailleurs. Et Jo, le petit nerveux, l’électron libre qui connaît la vie, qui sait comment on se bat, comment on drague les filles et vole des voitures. Un road trip tragique accompagné d'une bande son rock’n’roll signée Bob Dylan, Janis Joplin, Jimmy Hendrix

ou David Bowie, qui bien que situé dans la France des 70's fait écho de manière saisissante à notre société actuelle. 

 

Serge Kribus sera présent le lundi 5 novembre et dédicacera son texte à l'issue de la représentation. 

 

Dystonie, Cie deFracto, crédit photo : Pierre Morel  / La mécanique des ombres, NaïF Production, crédit photo : Elian Bachini

Suite du programme avec Dystonie, une création de la Cie deFracto qui utilise cet art du cirque qu'est la jonglerie comme outil et moyen d'expression et La mécanique des ombres de NaïF production, hip hop acrobatique qui retrace l'histoire d'une petite humanité et son apprentissage du vivre ensemble. 

 

Mais qu'est-ce que la dystonie ? Médicalement, c'est un ensemble des troubles moteurs entrainant des gestes involontaires chez un individu, une perturbation du tonus musculaire, un trouble de la tonicité. La Cie deFracto s'en est emparée pour nous proposer un spectacle atypique qui renouvelle l'art de la jonglerie et explore son langage comme une manière d'être au monde. Trois jongleurs-danseurs - André Hidalgo, Guillaume Martinet, Van Kim Tran - vont nous entrainer avec un drap et une platine vinyle dans une transe réjouissante. La collision de leurs sensibilités, sur fond de scratchs et d’hybridation musicale, va produire autant de manières de jongler, de rapports différents à la balle et nous démontrer combien jonglerie peut rimer avec pitrerie !

 

Ce spectacle est accueilli en co-réalisation avec le Théâtre Durance de Château-Arnoux et programmé dans le cadre des allers/retours entre les deux théâtres. 

 

A voir dès 9 ans les : 

Lundi 12 nov. à 19h, mardi 13 nov. à 20h30, mercredi 14 nov. à 19h.

 

Autre trio, celui de La mécanique des ombres, trois silhouettes identiques au visage masqué, en jean et sweat à capuche noir, qui à force de chutes, de tentatives et de beaucoup d’entraide, finiront par trouver – ensemble – un fragile équilibre. Sylvain Bouillet, Mathieu Desseigne et Lucien Reynès sont de formidables danseurs et acrobates, qui empruntent leur grammaire autant au cirque qu’au hip-hop, à la danse contemporaine qu’au mime. Et leur travail, virtuose, entre tension et relâchement, raconte une histoire uniquement grâce à la puissance évocatrice de leur corps élastique, tandis que leurs visages, masqués de noir, ne sont que des gouffres d’ombres, évoquant les silhouettes désincarnées du street artist Mark Jenkins. La force qui se dégage de la figure masquée débride les gestes. Elle hante les mémoires collectives comme l’imaginaire de chacun et de cette étrange communauté se dégagent des histoires d’hommes. A découvrir !

 

A voir dès 12 ans le mardi 20 nov. à 20h30.

 

Réservations au 04 92 52 52 52, sur la billetterie en ligne ou au théâtre du mardi au vendredi (10h/13h - 14h/18h), le samedi (10h/13h) et les jours de représentation (14h/18h).

 

Sur ce, bon week-end !