Chronique en vrac #10 : Janvier ton sort

J'ai peiné les ami-es à trouver une photographie pour illustrer le titre de cette nouvelle chronique en vrac. Et puis lasse de chercher, j'ai choisi celle-ci, je ne suis pas certaine qu'elle ait un lien, nous verrons bien. Mais j'aime bien l'étrangeté de cet instantané, cette bâtisse d'un village dont j'ai oublié le nom, traversé en car fin décembre. Un long trajet sur les routes enneigées entre Clermont-Ferrand et Mauriac, avec bourrasques de neige et de vent. L'aventure est au bout du chemin. 

 

Mais revenons au titre, sous forme de calembour, le premier d'une litanie des mois de l'année, mais qui dans mon souvenir pourrait s'apparenter à une comptine car elle vient de mon arrière grand-mère maternelle, qui la tenait peut-être de sa mère... Comme je suis curieuse, j'ai questionné l'ami Google qui m'a donné quelques pistes. 

On peut la faire remonter à la fin du XIXème siècle et au début du XXème jusqu'à sa disparition dans les années 60 (sauf chez ceux dont les grands-mères continuaient à perpétuer le souvenir). Ce qui est amusant c'est que les versions que j'ai trouvé sont un peu différentes de celle qui se transmet dans ma famille. Les calembours diffèrent certains mois mais Janvier ton sort semble être commun (et là vous vous demandez où je veux en venir et je vous comprends).

 

En fait la réminiscence ces derniers jours de cette liste des mois de l'année sous forme de calembours est concomitante de ma lecture de Au plaisir de Dieu de Jean d'Ormesson. Je ne vais pas vous faire la chronique de ce roman, ce n'est pas le propos, mais il a écrit ceci dans les dernières pages : 

 

Si j'ai rapporté ici ces souvenirs sur les miens, c'est d'abord pour parler encore d'eux et qu'ils ne meurent pas tout entiers. Mais c'est aussi pour vous parler de vous et pour que vous vous souveniez, à votre tour, de vous-même et des vôtres. 

 

Je sais que c'est lié à l'âge, à ce demi-siècle déjà passé et la sensation parfois que ma mémoire flanche. Alors je la fais travailler pour retrouver des noms de personnes que j'ai connu dans mon enfance et qui ont disparues, le souvenir de membres de ma famille eux aussi disparus, des lieux, des odeurs. Je ne vais pas vous en faire la chronique mais je sens que je vais ouvrir un nouveau carnet Mémoire et y noter ce qui me revient en tête. Pour ne pas oublier, encore. 

 

Quant à envier le sort de quelqu'un, ça fait un moment que je me suis débarrassée de ce sentiment, comme de la jalousie et de la culpabilité, tous ces sentiments et tourments qui ne servent à rien. Et là pour le coup, c'est un des privilèges de vieillir. 

 

Sur ce, merci d'avoir été jusqu'au bout. Il est fort possible que j'accorde aussi à février une chronique. En attendant, si vous avez envie de me laisser un commentaire, ne vous gênez pas. Je serais ravie de vous lire et de vous répondre. A plus, tschüss !