Exposition Marseille, Carte Blanche à Yohanne Lamoulère

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Les sauteurs. © Yohanne Lamoulère

Le temps file vite et si vous ne l'avez pas encore vu, je vous invite à profiter de cette semaine (la dernière) pour voir l'exposition des photographies de Yohanne Lamoulère à la Galerie du théâtre La Passerelle. Marseille comme vous ne l'avez probablement jamais vu car le travail de cette jeune photographe s'inscrit dans les quartiers dans lesquels elle vit, ces fameux quartiers nord dont les médias véhiculent une image qui en fausse la réalité. 

La plupart des photographies exposées sont issues d'un projet, La France Vue d'Ici, porté par le rendez-vous photographique ImageSingulières et Médiapart. La vision qu'elle nous offre de ces quartiers et de ses habitants va à l'encontre des clichés, les travaille au corps avec une volonté de documenter les mutations de la ville, ces espaces que l'on détruit et reconstruit dans l'objectif, aussi, de repousser la pauvreté toujours plus loin et de sortir cette population de la ville. 

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©Yohanne Lamoulère

Yohanne Lamoulère photographie au Rolleiflex. Lors de la rencontre qui précéda le vernissage de l'exposition, elle expliqua que la singularité de cet appareil l'aidait à amorcer la rencontre et le dialogue, à estomper le rapport de force et à instaurer l'échange. Le regard qu'elle pose sur les personnes qu'elle photographie est bienveillant, ce qu'ils lui donnent est parfois bouleversant, comme ce jeune homme en tutu sur son scooter. Faire porter un tutu à de jeunes hommes, c'était une image qu'elle avait en tête, comme une obsession. Ce qui me frappe ici est la douceur du regard et le fait d'accepter de dévoiler une certaine fragilité. Et cela me fait penser à une interview de la cinéaste Alice Diop et de ce qu'elle dit à propos de son documentaire, "Vers la tendresse". « Pour moi, dire la vulnérabilité c’est une force énorme. C’est peut-être là que réside la puissance. Etre capable de dire sa fragilité, sa faiblesse. » 

"Faire des photos, non, ça ne fait rien changer. Mais moi, ça me fait tenir droit sur terre, et ça m'explique beaucoup de choses. Le monde dans lequel je vis, je le regarde. Et tout me regarde dans ce monde." 

Ces femmes, ces hommes, ces enfants et adolescent-es que Yohanne Lamoulère photographie se tiennent aussi droit et fiers dans l'espace public. Et ils nous regardent aussi par un effet miroir. 

 

L'exposition se termine donc ce samedi 31 mars et j'espère avoir donné envie aux retardataires de s'y rendre. Et si vous êtes de passage à Marseille, le théâtre Le Merlan expose jusqu'au 30 juin 2018 son travail photographique sur les jeunes et l'amour dans les quartiers populaires : "Gyptis et Protis / Des histoires d'amour à Marseille". 

 

La galerie du Théâtre est ouverte du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h et le samedi de 10h à 13h, entrée libre.

 

Bonne visite, tschüss et à plus !