Chronique en vrac #14 : Mai ta main dans la mienne

C'est en prenant mon petit déjeuner ce matin que j'ai réalisé que le mois de mai se terminait et que je n'avais toujours pas publié sa chronique en vrac (pour comprendre de quoi je parle, lisez celle de janvieret pourquoi pas celles des mois suivant, ici, ou encore ). Et puis j'ai fait mon petit tour sur Instagram, vu à plusieurs reprises la photo en noir et blanc de Mamadou Gassama (qui tient son "Acte de courage et de dévouement" estampillé République Française à la main) et mon sang n'a fait qu'un tour comme on dit et j'ai senti la colère monter en moi (à ma décharge, j'ai les hormones qui font le yoyo en ce moment et je suis très très sensible aux infos qui me donnent envie de mordre).

Que les choses soient claires, je ne remets pas en question l'acte courageux de ce jeune malien, réfugié clandestin, qui n'a pas dû réfléchir beaucoup avant d'escalader quatre étages pour sauver un enfant. Non, ce qui me fout en rogne, c'est la récupération politique et la mansuétude affichée (titre de séjour immédiat - tant mieux pour lui - et la promesse d'une intégration dans une noble institution). Je trouve ce coup de communication extrêmement malhonnête alors même que l'Assemblée Nationale a adopté en première lecture le projet de loi Asile et Immigration qui durcit les conditions pour tous ceux que l'on appelle injustement "les migrants".

La Cimade a publié sur son site un décryptage de ce projet de loi qui doit passer au Sénat en juin. Je vous laisse en prendre connaissance si vous voulez en savoir plus (ce n'est pas joli joli ce qui se prépare et c'est un euphémisme). Donc j'ai envie de dire F*** au président de la République et à son gouvernement qui nous prend vraiment pour des cons avec son opération de communication. 

 

J'ai même lu en légende de cette photo un "Ceci est ma France" avec le #Republique... Et bien moi ma France c'est celle de toutes les personnes qui accueillent des réfugiés chez eux, qui les aident dans leurs démarches administratives, qui favorisent les rencontres, le partage, la communication et les échanges et pas cette instrumentalisation malhonnête par le gouvernement d'un acte de bravoure. Et je ne suis pas exemplaire, loin de là. Je n'ai toujours pas appelé le Secours Catholique pour proposer mon aide (alors que j'ai le numéro de portable d'une des responsables et du temps à donner), je m'étais promis de participer aux ateliers Terre d'Asile de la Cie Chabraque et je ne l'ai pas fait. Alors ce "Mai ta main dans la mienne" est peut-être le signe que c'est le moment, tout simplement.