Chronique du potager : saison 2018 #3 - récolter avant l'automne

Le 8 septembre dernier, j'ai marché en pensée avec les 100 000 personnes qui se sont mobilisées en France pour le climat. Un peu égoïstement parce que c'était mon anniversaire et que je souhaitais le fêter avec mes proches. Et puis je ne suis pas vraiment certaine que quiconque ait manifesté à Gap... Pourtant, on est ici tout autant concerné par les effets climatiques, notamment le secteur de l'arboriculture qui doit faire face à la propagation du feu bactérien qui détruit les vergers. Mais là n'est pas le propos de cette chronique. Ce dont je veux vous parler, c'est de la prise de conscience et des changements de mode de consommation qu'ont entrainé chez moi le fait de cultiver un potager.

 

Ce 8 septembre, j'y ai donc passé une partie de l'après-midi pour récolter fruits et légumes. Tout n'est pas fini. Tomates, poivrons, piments, courgettes continuent à donner, les choux ne sont pas encore prêts à être cueillis et les courges peuvent attendre encore un peu. J'ai déjà évoqué au cours de ces chroniques (surtout dans les premières) à quel point cultiver la terre, semer, planter, entretenir, récolter m'aidait à évacuer stress et tensions en me vidant totalement la tête. Au fil des saisons, j'ai associé au simple plaisir de cultiver une réflexion sur la manière d'optimiser au mieux les différentes cultures. Ainsi que les différentes manières de transformer et conserver légumes et fruits pour les mois d'automne et d'hiver. Comme la fourmi de la fable, j'engrange.

L'objectif n'est pas l'autonomie. Je n'ai pas assez de parcelles cultivées pour cela et je ne pourrais pas en faire plus. Mais je suis satisfaite des bocaux de condiments et de confitures stockés à la cave, des pountiscourgettes, haricots et petits pois congelés. 

 

Ce que j'ai d'abord redécouvert en cultivant mes fruits et légumes (sans pesticides évidemment) c'est leur goût. Viens ensuite la saisonnalité, ce qui fait que je n'achète plus de légumes ou de fruits hors saison et que je me fournis exclusivement sur le marché, auprès de maraichers dont je connais le mode de production qui, s'il n'est pas forcement estampillé bio, est raisonné. C'est évidemment l'avantage de vivre dans un département rural. L'approvisionnement peut se faire localement et ce qui est vrai pour les fruits et légumes l'est aussi pour la viande, les oeufs, les fromages, les laitages et même la farine. J'ai donc totalement arrêté d'acheter ce type de denrées dans les supermarchés et en cas de nécessité, il y a toujours comme alternative les enseignes bio. 

 

Quand les récoltes seront terminées, il sera temps de faire le bilan et d'analyser les cultures qui ont bien fonctionné et celles qui ont eu plus de mal à se développer, pour pouvoir les aider au mieux l'année prochaine. L'amoureux m'a offert l'Agenda 2019 "Jardiner Bio" édité par Terre Vivante , qui sera complémentaire de mon cahier du potager, auquel je tiens malgré tout. 

 

S'alimenter mieux, faire des économies, s'approvisionner via des circuits courts auprès d'agriculteurs dont le mode de production est transparent, c'est un premier pas, une petite part écolo. L'autre grand challenge auquel je vais m'atteler (même si j'ai un peu commencé) c'est la réduction des déchets et éliminer le plus possible l'utilisation du plastique ! 

 

On en reparlera, tschüss et à plus !