Chronique en vrac #22 : Décembre et des cabinets à louer

En démarrant en janvier ces chroniques liées aux calembours sur les mois de l'année, je n'étais pas certaine de m'y atteler tous les mois. Et finalement, je me suis prêtée au jeu, souvent à l'arrachée, mais toujours avec plaisir. Leur propos était parfois en lien direct avec le calembour et parfois s'en détachait. Et je dois bien avouer que pour celui de décembre et ses "cabinets à louer", je me sentais bien en peine de dérouler la thématique...

 

Dans la première chronique, il était question de mémoire. Mémoire familiale puisque cette litanie des mois de l'année me vient de la famille de ma grand-mère maternelle. Vous vous demandez en quoi cette porte illustre mon propos ? Et bien c'est celle d'un hôtel particulier à Amiens, qui avant d'appartenir à mes grands-parents maternels, était la propriété des parents de ma grand-mère paternel. Cette génération ayant disparue, il a été vendu mais chaque fois que je suis de passage à Amiens, je ne peux pas m'empêcher de passer devant. La dernière fois, le couple qui l'a achetée m'a invitée à voir les travaux qu'ils avaient fait. Et ce fut un peu étrange de pénétrer dans ces lieux où j'avais tant de souvenirs et que d'autres à présent habitaient. 

J'ai été émue mais je n'ai pas ressenti de tristesse ou de mélancolie. J'étais même plutôt contente de voir leurs aménagements, le jardin bien entretenu, leur appropriation de l'espace. Cette maison, qui partait à vau-l'eau après la mort de mes grands-parents, était de nouveau belle et habitée par un jeune couple avec enfants. Et ça m'a fait plaisir de la voir revivre et qu'elle n'ait pas été transformée en appartements par un promoteur immobilier. Je n'ai jamais vraiment eu d'instinct de propriété (à part pour celle dans le Cantal où vis ma mère) et ce détachement rend la mémoire et les souvenirs bien plus légers. Que d'autres y habitent, sans lien avec la famille, et y tissent leurs propres souvenirs ne m'empêche en rien de chérir les miens. Qu'ils m'aient donné l'occasion de la revoir m'a aussi permis d'apaiser des regrets et une vague tristesse. La porte est close mais paisiblement.

 

Comme j'ai aimé écrire ces chroniques tout au long de l'année, je vais continuer cet exercice de style. Et si vous souhaitez les lire, voici les liens : 

 

Janvier ton sort

Février tes yeux dans les miens

Mars droit !

Avril toi sous mon parapluie

Mai ta main dans la mienne

Juin la force au courage

Juillet dit zut !

Août ce qu'est mon envie ? (seule variante au calembour)

Septembre comme du poulet

Octobre ioche est bonne

Novembre...asse pas !

 

Tschüss et à l'année prochaine !