Chronique en vrac #23 : séjour parisien et expositions

Après un séjour à Paris, j'ai toujours un peu de mal à me remettre dans le bain des affaires courantes et projets à faire avancer. Je procrastine (un peu), prend prétexte d'un rhume ou d'une tendinite au coude (bien réelle) pour prendre le temps. C'est l'hiver, j'ai envie d'hiberner.

C'était aussi une semaine de vacances pour l'amoureux et on en a profité, comme à chaque fois, pour visiter expositions et musées. Alors avant de revenir à une actualité plus haut-alpine, en voici un petit aperçu. Si vous vous intéressez à la photographie, je vous recommande vivement l'exposition à la BNF sur Les Nadar qui se termine le 3 février. Le sous-titre, "Une légende photographique" est fort juste tant cette famille a marqué les débuts de cet art nouveau qu'était la photographie et notamment celui du portrait. 

Et le grand mérite de l'exposition, outre les quelques 300 oeuvres exposées, est d'accorder au côté de Félix Nadar une place importante aux talents de son frère Adrien et de son fils Paul, sans oublier le rôle de sa femme, Ernestine, dans la bonne marche des affaires de l'atelier et particulièrement dans les années de tourmente. C'est aussi une incroyable galerie de portraits d'artistes et personnalités de l'époque (on se demande bien qui ne n'est pas fait tirer le portrait par les Nadar) et un art pour capter, dans la simplicité des poses, leur personnalité. 

Si "Paris is always a good idea", le Musée Rodin l'est aussi et j'avais très envie de visiter l'exposition consacrée à ses dessins et papiers découpés. Visiter cette exposition avant le musée est en fait particulièrement intéressant. On se rend compte de la recherche permanente menée par Rodin sur les formes, les corps féminins et masculins, les positions qu'ils peuvent prendre et les manière de les assembler ou de les opposer. On en trouve ensuite des échos dans ses sculptures qui sont, quand même, magnifiques. Qui plus est, l'homme était fin collectionneur et j'avoue que je ne me souvenais pas des Van Gogh, Manet et Renoir qui faisaient partie de sa collection. L'exposition se termine le 24 février.

Comme on est des grands amateurs de bandes dessinées, on avait au programme plusieurs expositions qu'on ne voulait pas manquer. Notamment L'Archéologie en bulles à la Petite Galerie du Louvre, qui est aussi faite pour les enfants, donc très simple dans ses explications. Elle met en parallèle l'archéologie et la manière dont elle a pu inspirer différents auteurs de bandes dessinées avec une belle sélection de planches originales. 

 

Ensuite, si vous aimez Sempé et Philippe Delhomme, aller faire un tour à la Galerie Martine Gossieaux. Elle y expose jusqu'au 18 avril des dessins et des planches, que des originaux. Et c'est jouissif. En déambulant ensuite rue de l'Université, on est tombé par hasard sur une très jolie et émouvante exposition sur Saint-Exupéry, Du vent du sable et des étoiles, à la Galerie Gallimard, jusqu'au 3 mars. Et enfin, je vous recommande aussi celle sur Riad Sattouf, L'écriture dessinée, à la BPI au Centre Pompidou, jusqu'au 11 mars. Je le savais intelligent, drôle et talentueux. Je n'ai pas été déçue.

Les Nadar, une légende photographique, exposition, BNF, Paris
Gérard de Nerval par Adrien Tournachon

Je vous laisse avec ce portrait de Gérard de Nerval par Adrien Tournachon, frère de Félix Nadar, réalisé quelques jours avant que le poète ne mette fin à ses jours. Je le trouve particulièrement émouvant. 

 

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé

Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :

Ma seule Etoile est morte, - et mon Luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

 

Extrait de El Desdichado, Gérard de Nerval