Chronique en vrac #25 : as tears go by

Deux mois sans publications... pas par manque de temps, on le trouve toujours quand c'est nécessaire, mais par manque d'envie. Je suis encore plongée dans cet art de perdre décrit dans ma précédente chronique. Le temps de la succession, est celui de la vente, à d'autres, des maisons de famille. Avec cette nostalgie qui vous envahit à l'heure de trier, de jeter, de mettre en carton, de regarder attentivement ce que l'on souhaite conserver, de graver en soi l'espace, la lumière, les odeurs. 

 

Ce premier vers du poème de Baudelaire, L'homme et la mer, je suppose, sans en être certaine, que c'est mon grand-père qui a souhaité le voir inscrit dans cette pièce de la villa de Wimereux. Je ne sais pas si la nouvelle propriétaire la conservera. Mais j'ai la chance qu'elle soit la mère d'une de mes meilleures amies, ce qui me permet de dire au revoir à cette maison aimée en sachant que la porte ne me sera jamais fermée. Il n'est pas dit néanmoins que je ne verse pas encore quelques larmes avant de rendre définitivement les clés.

Ces quelques objets glanés dans la maison d'Amiens que l'on a en partie vidée en juin, anodins de prime abord, racontent en fait quelque chose de mon histoire familiale. Ou d'un récit que je pourrais en faire. Il me rappelle mes grands-parents, un certain art de vivre, bourgeois et aux valeurs empreintes de catholicisme, la boite de pastilles Vichy qu'ils rapportaient systématiquement de leur cure. Soit dit en passant, j'ai découvert cette petite sacoche en osier et le verre graduée estampillé Vichy dans l'amas de vaisselles sur la table de la salle à manger. Je n'ai pas souvenir de l'avoir jamais vu, mais j'ai été frappée par la beauté toute simple de cet objet utilitaire. 

 

Il y avait encore accroché au porte-manteau de l'entrée le vieux pardessus et la casquette fatiguée de mon oncle décédé. Comme me le fit remarquer mon cousin, cela donnait l'impression qu'il était juste parti en balade... Et on n'y a pas touché ce jour là. 

 

Le 18 juillet, jour de ma fête qu'il ne manquait jamais de me souhaiter, j'ai renvoyé au notaire la procuration pour la vente de la villa de Wimereux. La page n'est pas encore totalement tournée mais ce n'est plus qu'une question de quelques mois. Voilà les raisons de mon silence sur ce blog. Je constate néanmoins que les statistiques restent à peu près stables grâce à vos visites sur les articles de recettes.

 

La vie quoi ! Tschüss et à bientôt.