Chronique en vrac #27 : l'amour au temps du Coronavirus

Je suis une privilégiée. Je le sais. Je vis dans une maison avec un jardin où s'épanouissent les fleurs de printemps, où les oiseaux chantent toute la journée, d'où j'aperçois les montagnes. Nous sommes trois à à la maison et c'est plus facile que d'être seul.e.

 

Depuis l'annonce des mesures de confinement, le discours présidentiel scandant que "nous sommes en guerre", les images des citadins dans les parcs et sur des quais, s'agglutinant devant des supermarchés et dévalisant les stocks de pâtes et PQ, se ruant dans les gares pour fuir les villes... j'ai été atterrée, en colère. J'ai jugé. Mais n'aurais-je pas aussi été tentée de fuir ? Saisie par la peur. Et si l'ennemi n'était pas tant ce virus que nous même ? Notre individualisme et notre peur d'être atteint, de mourir, qui nous fait oublier que l'on peut mettre en danger la vie des autres...

 

Quand j'ai senti revenir mes crises d'angoisse et de panique, j'ai commencé à méditer tous les jours. Hier en fin d'après-midi, j'ai suivi avec des milliers d'autres personnes la séance de méditation en live sur le compte Instagram de Lili Barbery et c'était un moment incroyable de connexion avec soi-même et avec les autres. Le salut est là. Dans le partage, dans ces instants que l'on s'accorde pour être à l'écoute de soi, à accueillir tout ce qui se présente, sans juger. A faire la paix. L'amour est une source d'énergie et de force incroyable. 

Et ce n'est pas si compliqué. Tout le monde peut le faire (il y a d'excellentes applications de méditation). Se connecter à sa respiration, à ses sensations physiques et à ses émotions, laisser filer les pensées (surtout les négatives), se détacher de son ego et de ses peurs. Depuis quelques jours, je vois naître sur Instagram des initiatives pour se connecter les uns aux autres, que ce soit en méditant, en écoutant un cour de philo (@philosophyissexy), en cuisinant... et ça fait un bien fou. 

 

J'évite de lire ou d'écouter trop d'infos anxiogènes ce qui laisse en moi de la place pour penser à celles et ceux qui sont seul.es et pour qui cette solitude est difficile à vivre. Aux médecins et au personnel soignants qui sont sur la brèche depuis des semaines à soigner les malades et à sauver des vies. A ceux qui sont atteints.

Aux commerçants ouverts et à ceux qui continuent à travailler en dehors de chez eux sans avoir forcement les protections nécessaires. A ceux qui ne peuvent pas ouvrir, à la perte de leur chiffre d'affaires et les angoisses qui en découlent. Je n'ai pas grand chose à leur offrir sinon ma compassion et ma reconnaissance. 

 

Je vais mettre à profit ces jours de confinement pour travailler sur mon projet de livre, ranger, trier, cuisiner, faire de la couture, lire, regarder des films, passer des coups de téléphone, envoyer des messages, organiser des apéros FaceTime... et m'ouvrir à tout ce que cette période inédite peut offrir de positif. Haut les coeurs et prenez soin de vous !