Chronique en vrac #28 : le piège de l'hypocondrie

Comment allez-vous ? Vraiment ? Je lisais ce matin au petit-déjeuner sur l'excellent compte instagram de Marie Robert qu'on ne s'était jamais autant posé la question. Après, j'ai lu d'autres choses qui m'ont énervées et je vais m'abstenir de me connecter aux réseaux sociaux le matin. Certaines ont viré leur compte Twitter de leur téléphone, voire l'ont carrément supprimé. C'est sain. C'est vital. 

 

Contrairement à ce que j'écrivais il y a trois jours, sur ce temps que j'allais mettre à profit pour faire toutes ces choses que je repousse constamment à "quand j'aurais le temps." Je n'y arrive pas. Du temps j'en ai, même si je continue à travailler à distance. Mais je n'y arrive pas. L'anxiété est revenue. La peur latente de savoir si oui ou non des symptômes vont apparaître, si je suis infectée ou mon Capitaine, sa fille, quelqu'un dans ma famille, chez mes ami.es. Mes douleurs à la poitrine sont toujours là. J'ai beau me dire que ce sont des douleurs intercostales, que j'ai plus de 50 ans et que cela arrive sans que ce soit forcement grave sinon gênant. Elles nourrissent l'angoisse. 

Je pourrais dire que je pense à celles et ceux qui sont réellement malades. Mais je n'ai pas envie de mentir. Le soir, au moment de trouver le sommeil, c'est là, pernicieux. J'ai la sensation que mon coeur s'emballe, qu'il décroche, que son rythme n'est pas normal. Deux électro-cardiogrammes en l'espace d'un mois et demi qui montrent que tout va bien, qu'il bat même lentement, ne suffisent pas ou peu. Inspire / Expire. Ça passe jusqu'au lendemain.

 

Je n'arrive pas à être créative. A concentrer mon attention, mon énergie comme j'arrive à le faire avec mon souffle. Même lire, je lâche vite. Un peu comme une gueule de bois mais sans alcool. J'ai l'impression que le temps s'écoule dans des actions machinales, que rythment les repas. OK je noircis. Il y a aussi les discussions, les rires, les apéros via des applis qui permettent de se retrouver virtuellement, les uns à Paris, les autres à Briançon, les petites révélations, les attentions qui rapprochent, qui déploient l'amour que je porte à mes proches. 

 

Ce matin, en marchant seule avec mon attestation (case des 30 minutes d'exercices quotidiens), j'ai senti les larmes monter. Une bouffée d'émotions que j'ai accueillie sans vraiment les analyser. Un mélange de celles qui m'assaillaient depuis le petit-déjeuner et de la vision de la nature au printemps, des arbres en fleurs et de l'explosion de couleurs vives, de la douceur de l'air sur mon visage, des bonjours échangés à distance avec les autre promeneurs solitaires. 

 

Je ne sais pas comment je serai demain mais comme le dit Scarlett à la fin de Gone with the wind : tomorrow is another day. J'espère sincèrement que vous allez bien et vos proches aussi.