L'expérience de la diète verte

Dans l'excitation provoquée par la sensation de légèreté qui s'est emparée de moi au 7ème jour de ma première diète verte, J'aurais pu rédiger dans la foulée une chronique enthousiaste sur cette expérience alimentaire. Six semaines plus tard, celui-ci a laissé la place à un cheminement et je me rends compte que cela a mis en branle pas mal de choses qui vont bien au delà d'une expérience instagramable #dieteverte.

 

Commençons par l'impulsion de départ. Je n'aurais probablement pas envisager de changer radicalement ma manière de m'alimenter pendant sept jours si je n'avais pas été prête à le faire. La pratique, même irrégulière, de la méditation depuis le mois de janvier, la pause que fut le confinement , les méditations en live sur Instagram de Lili Barbery-Coulon, l'écoute nouvelle de mes sensations physique, tout cela a contribué à me décider. 

J'ai fait le plein de légumes, de légumineuses et de fruits verts, de pistaches et de graines de courge, en imaginant la manière dont j'allais les cuisiner. Prête à suspendre mon traditionnel petit-déjeuner - thé, tartines beurrées, confitures ou miel - à renoncer à tout aliment d'origine animale et à supprimer les excitants (thé, café, alcool). Si vous voulez en savoir plus sur l'origine et les principes de cette diète verte, je vous renvoie à l'article publié par Lili Barbery-Coulon sur le sujet. 

 

Est-ce que cela a été facile ? Oui. J'avais prévu de la faire trois jours en commençant le week-end de la Pentecôte ne sachant pas trop comment mon corps allait réagir. Sage décision, car je me suis sentie fatiguée les deux premiers jours, avec des maux de tête (mais cela n'arrive pas à tout le monde). Ce n'est que les troisième et quatrième jours que j'ai senti que mon corps commençait à éliminer les toxines. Comme j'avais encore du vert plein mon frigo, j'ai décidé de continuer jusqu'à cette incroyable légèreté physique du septième jour. J'avoue que je commençait aussi à avoir envie de pain et de fromage. Curieusement, ce qui m'a vraiment manqué pendant ces sept jours, c'est mon café après le déjeuner. Je n'ai eu aucun mal à manger des crudités, des soupes ou des fruits le matin, seul cet excitant me manquait physiquement. L'autre point positif est le plaisir que j'ai pris à préparer mes repas, à soigner la présentation dans l'assiette, à prendre le temps de les goûter visuellement, à en humer les parfums, à manger doucement et tranquillement tout en savourant ces nouvelles combinaisons d'aliments. 

 

Cette expérience de sortir de mes habitudes alimentaires m'a permis de questionner mon rapport à la nourriture, à prendre du recul, à m'interroger sur les bienfaits de certains aliments sur mon organisme et les réactions parfois violentes que d'autres provoquent. Bon, ça c'est après. Quand on reprend certaines habitudes alimentaires et que le corps ne réagit plus de la même manière. Ça a été flagrant avec les glucides (confiture, miel, pâtes) et les lipides. Et je ne me serais probablement jamais rendue compte à quel point ils acidifiaient le système digestif si je ne l'avais pas alcalinisé pendant cette diète. L'autre effet bénéfique sur mon corps a été une perte de poids que j'estime à 1,5 kilos (je ne sais pas quel était mon poids exact de départ) et qui m'a donnée envie de continuer à m'alléger. Alors j'ai acheté une balance. L'introduction de ce pèse-personne dans ma salle de bain n'a pas été sans me rappeler des années et des années de régime pour perdre du poids. Lorsque j'ai commencé à instaurer dans ma tête un planning de pesée hebdomadaire, une alarme s'est déclenchée. Il n'était pas question, comme par le passé, d'associer perte de poids et régime pour atteindre une silhouette idéale, et me retrouver piéger dans une obsession de poids à atteindre. 

 

Je me suis plutôt dit qu'il était temps, à 53 ans, de faire la paix avec mon corps. Ce sera probablement le sujet d'une prochaine chronique (si cela vous intéresse). Sur ce tschüss et prenez soin de vous.